Une critique par Georges Daras

Georges Daras est partisan de l’existence de Jésus. Ce blogueur théologien m’a fait l’honneur d’une critique sur son site exégèse et théologie. Autant le dire tout de suite, à part la couleur de la couverture, Georges Daras n’a pas du tout aimé Une invention nommée Jésus.

Après avoir lu son texte, je pense toujours que Jésus n’a pas existé. Un petit nombre de remarques m’ont paru pertinentes et j’en ai tenu compte pour la deuxième édition. D’autres remarques ne m’ont vraiment pas paru sensées, voir par exemple son Point N° 42.

Mon livre tente de réfuter l’existence de Jésus. Georges Daras tente de me réfuter. Je vais donc me livrer à une réfutation de réfutation de réfutation. Ce n’est sans doute guère passionnant. D’autant plus que cela risque de durer car le texte de Georges Daras est bien plus long que le livre qu’il critique.

À moins que je ne me lasse, je vais répondre point par point. Si un lecteur estime qu’un point soulevé par Georges Daras est important, qu’il me le signale et je traiterai cet élément en priorité. Le texte de Georges Daras est constitué de points numérotés et cela nous aidera à nous y retrouver.

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Une critique par Georges , deuxième partie

Georges Daras aborde maintenant la troisième partie d’Une invention nommée Jésus consacrée aux symboles. Nous allons voir qu’ils jouent plutôt contre que pour l’existence de Jésus.

Point N° 25

Un exemple : quand une durée est précisée dans les évangiles, il s’agit très souvent de trois jours, trois mois ou trois ans.

J’ai donné quelques exemples : Jésus est mort pendant trois jours ; après sa vision sur le chemin de Damas, Paul « fut trois jours sans y voir, et il ne mangea ni ne but » (Actes 9,9) ; « voilà déjà trois jours qu’ils restent avec moi et ils n’ont pas de quoi manger » (Matthieu 15,32, Jésus aurait pu se soucier de l’intendance un peu plus tôt) ; « Ils le trouvèrent au bout de trois jours, dans le temple » (Luc 2,46) ; « Voilà, je chasse des démons et j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain; et le troisième jour j’ai fini » (Luc 13,32) ; « Le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée… » (Jean 2,1 le troisième jour après quoi? On ne sait pas, peut-être le troisième jour de la semaine.) ; « Festus, donc, trois jours après son arrivée dans la province, monta de Césarée à Jérusalem » (Actes 25,1) ; « Le lendemain, au fort de la tempête, ils ont jeté du lest et, le troisième jour, ils ont, de leurs propres mains, rejeté les agrès du navire » (Actes 27,18-19) ; « Il nous a reçus et nous a aimablement logés pendant trois jours » (Actes 28,7) ; « Nous avons abordé à Syracuse, où nous avons demeuré trois jours » (Actes 28,12) ; « Et il entra à la synagogue où il parla franchement pendant trois mois, débattant et persuadant sur le royaume de Dieu » (Actes 19,8) ; « Il parcourut cette province où il multiplia les exhortations, puis il vint en Grèce; et au bout de trois mois, comme il allait embarquer pour la Syrie… » (Actes 20,2-3) ; « Trois mois après nous avons repris la mer » (Actes 28,11) ; « Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier et que je n’en trouve pas » (Luc 13,7) ; « C’est pourquoi, tenez-vous éveillés et souvenez-vous que pendant trois ans, nuit et jour, je n’ai cessé d’avertir chacun avec larmes » (Actes 20,31) ; « Ensuite, trois ans après, je suis monté à Jérusalem faire la connaissance de Képhas, et j’ai demeuré quinze jours avec lui » (Galates 1,18) etc.

À la fin de son point N ° 25 Georges Daras reconnait que les auteurs des évangiles ont volontairement utilisé des nombres symboliques. Cela pour que leurs textes portent plus de sens.

Cet exemple étant accompagné de beaucoup d’autres j’y vois un indice de plus que les auteurs des évangiles se soucient bien peu de l’exactitude de ce qu’ils racontent. En outre, comme bien d’autres avant moi, je me permets de penser que la chronologie des histoires évangéliques est fantaisiste. Ce mot ne plait pas à Georges Daras qui me reproche encore de mépriser mes sources. Ce mot me semble adapté. Contester mon vocabulaire ne fait pas avancer le débat.

Georges Daras semble d’accord avec moi puisqu’il précise que les évangélistes ne font pas de « l’histoire documentaire ». Ce qui le dérange est que cela soit dit.

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Une critique par Georges Daras, troisième partie

– L’idée que Jésus n’a pas existé est insupportable pour un croyant.

– Beaucoup de spécialistes du Jésus historique sont des croyants.

– Pour l’ensemble des spécialistes du Jésus historique, l’existence de Jésus est une évidence.

– Quand un spécialiste tente de justifier que Jésus a existé, les arguments sont d’une incroyable faiblesse.

Y a-t-il un lien entre ces quatre constatations ? Y a-t-il un lien entre la foi des spécialistes (ou de certains spécialiste) et le résultat de leurs recherches ?

L’existence d’instructions officielles du Vatican suggère que oui.

Les propos de certains spécialistes également.

J’ai expliqué cela dans mon chapitre 11 : « De la liberté du chercheur catholique ».

Georges Daras n’a pas aimé du tout, à tel point que c’est ce chapitre 11 qui l’a décidé à se lancer dans sa volumineuse réfutation.

La discussion qui suit a peu de portée car j’ai retiré ce chapitre 11 de la deuxième édition d’Une invention nommée Jésus. D’une part, à cause de la forme, car ce chapitre était effectivement inutilement agressif. Et surtout pour une raison de fond : même si beaucoup de chercheurs sur le Jésus historiques sont influencés par leur foi, cela n’a pas grande importance. Des chercheurs partiaux peuvent avoir raison. Ce sont les arguments qu’il faut examiner.

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Une critique par Geroges Daras, quatrième partie

Dans le chapitre 12 d’Une invention nommée Jésus, j’examine les arguments que donnent les spécialistes à l’appui de l’existence de Jésus. Ces arguments me semblent tous mauvais et je dis pourquoi.

Pour réfuter ce chapitre, il suffit de montrer pourquoi un des arguments critiqués est bon.

Ce n’est pas ce que fait Georges Daras. Tant pis.

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Une critique par Georges Daras, cinquième partie

Les évangiles ne sont pas particulièrement crédibles, à cause des contradictions et des invraisemblances qu’ils contiennent. À cause également de l’omniprésence des symboles.

Les sceptiques l’ont dit. Les spécialistes ont fini par le reconnaître. Des spécialistes ont donc élaboré des « critères d’authenticité historique des évangiles » pour déterminer ce qui vient de Jésus.

Ces critères sont d’une faiblesse incroyable. Je détaille cela dans le chapitre 13 d’Une invention nommée Jésus en utilisant la présentation qu’en a faite l’éminent spécialiste John Meier.

Georges Daras essaye de me réfuter avec une logique défaillante. Le problème est bien illustré par le

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