Bernard Pouderon dans la Pléiade

Les éditions de la Pléiade nous offrent un très important recueil de textes chrétiens des premiers siècles.

 

 

Le Testimonium flavianum

Le premier auteur non chrétien qui mentionne Jésus est Flavius Josèphe. Il s’agit d’un Juif né en Palestine en 37 qui a écrit à Rome, vers 92, une histoire des Juifs dans laquelle on trouve ces quelques lignes:

 

« Vers le même temps survient Jésus, homme sage, si toutefois il faut le dire homme. Il était en effet faiseur de prodiges, le maître de ceux qui reçoivent avec plaisir des vérités. Il se gagna beaucoup de Juifs et aussi beaucoup du monde hellénistique. C’était le Messie (le Christ). Et Pilate l’ayant condamné à la croix, selon l’indication des premiers d’entre nous, ceux qui l’avaient d’abord chéri ne cessèrent pas de le faire. Il leur apparut en effet le troisième jour, vivant à nouveau, les divins prophètes ayant prédit ces choses et dix mille merveilles à son sujet. Et jusqu’à présent la race des chrétiens, dénommée d’après celui-ci, n’a pas disparu. »

Traduction donnée par John P. Meier. Un certain Juif Jésus. Tome 1. Cerf 1991. Page 51.

L’authenticité de ce texte, appelé Testimonium flavianum, est l’objet d’un interminable débat qui dure depuis plus de quatre siècles. Il est en effet difficile de croire qu’un Juif ait pu écrire les passages que j’ai indiqués en italiques, à moins d’aller aussitôt se faire baptiser. En particulier on comprend mal comment Flavius Josèphe aurait pu écrire que Jésus était le Messie.

 

Depuis le XVIe siècle les érudits défendent deux positions :

– l’authenticité : Josèphe a écrit ce texte.

– l’interpolation : ce texte a été écrit par un chrétien qui l’a inséré dans l’œuvre de Josèphe.

Au XVIIe siècle une position intermédiaire a été proposée : Josèphe a écrit un texte sur Jésus qui a plus tard été modifié par un ou des auteurs chrétiens. On appelle cela l’interpolation partielle.

L’interpolation partielle est aujourd’hui admise par la plupart des spécialistes.

Tout cela est bien connu. Tout cela est détaillé dans Une invention nommée Jésus et ailleurs.

 

John Paul Meier

Avant d’en arriver à Bernard Pouderon et au volume de la Pléiade sur les premiers écrits chrétiens, faisons un détour par une de ses sources.

On a en effet moins remarqué qu’une importante erreur se transmet sans difficulté chez certains spécialistes.

On la rencontre chez John P. Meier, un spécialiste très respecté du Jésus historique. Après avoir donné le texte du Testimonium flavianum (voir plus haut) et signalé les problèmes qu’il pose, Meier donne sa position : « je suis convaincu que la suppression de ces trois passages restaure le Testimonium dans sa forme originale » (Note 32 page 294).

Meier pense avoir reconstitué le Testimonium flavianum « dans sa forme originale », c’est-à-dire comme Flavius Joseph l’a écrit avant que des chrétiens ne le modifient.

Pour bien préciser sa pensée, Meier donne ce texte :

 

« Vers le même temps survient Jésus, homme sage. Il était en effet faiseur de prodiges, le maître de ceux qui reçoivent avec plaisir des vérités. Il se gagna beaucoup de Juifs et aussi beaucoup du monde hellénistique. Et Pilate l’ayant condamné à la croix, selon l’indication des premiers d’entre nous, ceux qui l’avaient d’abord chéri ne cessèrent pas de le faire. Et jusqu’à présent la race des chrétiens, dénommée d’après celui-ci, n’a pas disparu. » (Page 52).

 

Il faut relire la dernière phrase : « la race des chrétiens, dénommée d’après celui-ci, n’a pas disparu ». Cette phrase ne pose aucun problème dans la version habituelle du Testimonium flavianum : les chrétiens s’appellent « chrétiens » car leur maître est le Christ. On voit le rapport entre « chrétiens » et « Christ ».

En revanche, dans la « forme originale » élaborée par Meier, il n’y a pas de référence au Christ. Les chrétiens s’appellent « chrétiens » parce que leur maître s’appelle Jésus. C’est absurde.

Une telle erreur chez un auteur de ce niveau, dont l’ouvrage a été relu[1], est étonnante. Mais bon, tout le monde peut se tromper.

 

Bernard Pouderon

Je suis encore plus étonné de constater que ce problème ne soit pas apparu à d’autres experts.

En 2016, vingt-cinq ans après Meier, le philologue Bernard Pouderon[2] reproduit exactement la même erreur dans la Bibliothèque de la Pléiade, l’orgueil de notre édition nationale.

 

« Malgré notre souci de ne pas prendre parti dans une matière aussi délicate, nous donnons ici la restitution du texte grec de Josèphe telle que la propose John P. Meier, l’un des meilleurs spécialistes de la question – les passages entre crochets droits étant ceux qu’il juge interpolés par une main chrétienne -, notre conviction étant qu’il s’agit là d’une reconstitution hautement vraisemblable.

 

À cette époque paraît Jésus, un homme sage [si du moins il faut l’appeler homme]; car il fut l’auteur de faits extraordinaires, le maître d’hommes qui accueillaient la vérité avec plaisir, et il entraîna avec lui beaucoup de juifs, mais aussi beaucoup de Grecs [il était le Christ]. Et, sur la dénonciation des notables de chez nous, Pilate le condamna à la croix; mais ceux qui l’avaient aimé tout d’abord ne cessèrent pas [en effet, il leur apparut après trois jours de nouveau vivant, comme les divins prophètes l’avaient dit de lui, entre mille autres merveilles]. Encore jusqu’à aujourd’hui, la race des chrétiens, nommés d’après son nom, n’a pas cessé. »

Bernard Pouderon, Premiers écrits chrétiens, Bibliothèque de la Pléiade, 2016. Page 1164.

 

Jean-Marie Salamito

Jean-Marie Salamito est normalien, agrégé de lettres classiques et professeur d’histoire du christianisme à la Sorbonne (Paris IV). Comme Bernard Pouderon, il a codirigé l’édition des Premiers écrits chrétiens à la Bibliothèque de la Pléiade.

Jean-Marie Salamito a récemment publié une réfutation du dernier livre de Michel Onfray (voir ici). Jean-Marie Salamito traite le Testimonium flavianum de la même façon que Bernard Pouderon : citation du texte, hommage à Meier puis adoption de sa restauration du Testimonium dans sa forme originale :

« L’authenticité de ce passage a suscité de nombreuses discussions. La solution que je propose est celle d’un grand savant américain, John P. Meier, auteur d’un livre monumental sur le Jésus de l’histoire, une somme unanimement reconnue pour sa rigueur et son honnêteté intellectuelles. Les passages mis ci-dessus entre crochets et italiques ne peuvent pas être de Flavius Josèphe: ils ont dû être ajoutés par un copiste chrétien. Une fois ces passages retirés, on a un texte cohérent, pleinement conforme au style de Josèphe, parfaitement vraisemblable. Et il devient clair que cet historien juif connaissait l’existence de Jésus. »

Jean-Marie Salamito, Monsieur Onfray au pays des mythes, Réponse sur Jésus et le christianisme. Salvator 2017. Page 38.

 

Conclusions

1) Quand je vois ce que font les professionnels, je n’ai pas honte d’être un amateur.

2) L’hypothèse de l’interpolation partielle reste envisageable à condition d’admettre que l’interpolateur a modifié des passages du Testimonium flavianum et non, comme le pense Meier, qu’il a seulement ajouté les passages problématiques. Par exemple, Josèphe a pu écrire « Certains disaient qu’il était le Christ » et que l’interpolateur a corrigé en « Il était le christ ».

3) Je ne sais pas si Flavius Josèphe a écrit ce texte, en partie ou en totalité. De toute façon, cela ne prouve pas l’existence de Jésus car, quand Josèphe a écrit son histoire des Juifs il était à Rome depuis plus de vingt ans et avait sans doute rencontré des chrétiens. Son information sur Jésus peut venir de là. C’est l’avis d’un certains nombre de spécialistes[3].

 

Retour à l’accueil

 

[1] « Shaye J. Cohen, du Jewish Theological Seminary à New York a eu la gentillesse de lire mes développements sur Josèphe et m’a fait parvenir quelques observations. Il m’a épargné plus d’une erreur embarrassante. » Meier, tome 1, note 49 page 302.

[2] Professeur à l’Université François-Rabelais de Tours.

[3] Flavius Josèphe « paraît surtout reprendre ce qu’il entendait dire de Jésus dans les groupes chrétiens de la fin du Ier siècle. » Charles Perrot, Jésus et l’histoire. 1979. Page 26.

« Si le Testimonium est bien de Josèphe (ou d’un éventuel continuateur juif), il est plus que probable qu’il dépend d’une source… » Serge Bardet. Le Testimonium Flavianum. 2002. Page 155. Suivent dix pages de discussion sur les différents milieux chrétiens d’où peut provenir cette source.

« il est pourtant encore plus probable qu’il [Josèphe] a rencontré des chrétiens ou entendu parler d’eux une fois installé à Rome. » Meier. Un certain Juif Jésus. Tome 1. 1991. Page 58.

Flavius Josèphe « rapporte ici ce qu’il a entendu dire des chrétiens de son époque, sans doute à Rome ». Simon Claude Mimouni, Le christianisme des origines à Constantin. 2006. Page 75.

4 réflexions au sujet de « Bernard Pouderon dans la Pléiade »

  1. Bernard Pouderon n’est pas historien, mais philologue (helléniste).
    L’absence éventuelle de la mention « c’était le Christ » n’induit pas nécessairement, dans le texte de Flavius Josèphe, celle du mot « chrétien », connu par ailleurs. On peut, par exemple, évoquer « le général » (et non « de Gaule »), ou même n’employer ni l’expression « le général », ni le nom « de Gaulle », mais, quelques lignes plus loin, parler de « gaullistes » et laisser entendre que ce nom provient du nom du fondateur du mouvement, car tout le mode connaît le mot. Il en va de même pour celui de « chrétien », bien connu et usité vers 90/95, puisqu’il est alors employé depuis plusieurs décennies, dès la fin des année 30 à Antioche. L’objection prétendument nouvelle ne tient pas.
    Le double testimonium flavianum n’est d’ailleurs pas la seule « preuve » apportée par Bernard Pouderon.
    Avant de critiquer durement et injustement, il faut quand même réfléchir un peu.
    Bernard Pouderon
    (qui écrit, quant à lui, sans parti pris apologétique, mais « en philologue »)

  2. Pour l’argumentation complète sur les témoignages concernant Jésus et la toute première communauté chrétienne, voir le blog de l’éditeur Beauchesne ou la revue électronique Rouge et noir, sous le nom de Pouderon.
    Ce que je trouve dommage, c’est que précisément j’ai voulu adopter une attitude neutre, sans aucun parti pris théologique ou idéologique, même si dans mon for intérieur je trouve « irrationnel » qu’on demande plus pour prouver l’historicité de Jésus que pour n’importe quel autre personnage de l’Antiquité. S’il ne s’agissait pas du « fondateur » (mot peu approprié) du christianisme, personne ne songerait un seul instant à nier la force des arguments en faveur de l’existence d’un tel personnage.
    Les« preuves » certes ne sont pas impératives, mais elles existent, et les « preuves » contraires ne consistent qu’à dire que les « preuves » apportées ne sont pas contraignantes. D’un côté, de vraiment très fortes probabilités (sauf à avoir l’esprit « conspirationiste »), et de l’autre des doutes semés un peu à la légère.
    Là où je en suis pas tout à fait d’accord avec Meyer, que j’ai cité comme autorité, c’est qu’il a rejeté trop prudemment l’expression « c’était le Christ », car bien évidemment, Josèphe na pas pu écrire cela dans la perspective du futur mouvement chrétien. Mais il dit par ailleurs (témoignage sur Jacques) que le personnage était appelé Christ. « Christ », cela veut dire l’Oint, comme les prêtres, comme les rois l’étaient. Oui, c’était le surnom qu’on lui donnait à l’époque de Josèphe, et Josèphe le reprend plus loin dans les Antiquités (témoignage sur Jacques, « frère ede Jésus appelé Christ »).
    Quant à savoir ce qu’il était, son « statut », c’est une autre « histoire », et je ne me suis pas placé sur ce plan là. Inutile de vouloir à tout prix faire de moi une grenouille de bénitier. Mon point de vue était celui du philologue, qui a traité la matière en philologue, comme celle concernant n’importe quel autre personnage de l’Antiquité. C’est cela, être universitaire, payé par un état laïque, et cela a sa dignité.
    Bernard Pouderon

    1. Bonjour monsieur Pouderon,
      Voici ce que je peux répondre aux différents points que vous soulevez.

      Le mot « chrétien » était-il bien connu et usité vers 90/95 ?
      Une vingtaine d’années après les Antiquités juives, Tacite juge utile de préciser à ses lecteurs que « chrétiens » vient de « Christ ». À la même époque, Pline le Jeune, après avoir interrogé des chrétiens ne sait à peu près rien de « Chrestos ». Dans ces conditions il me paraît difficile d’affirmer que le mot « chrétien » était suffisamment connu et usité des lecteurs de Josèphe (sans doute moins cultivés que Tacite et Pline) pour qu’il se dispense de l’expliquer.
      Josèphe est le premier auteur non chrétien connu de nous à mentionner Jésus et les chrétiens. Je pense qu’il doit cette primeur au fait qu’il était juif et que, pour écrire les Antiquités juives, il faisait des recherches sur l’histoire des Juifs. Ce n’était évidemment pas le cas des lecteurs à qui il s’adressait.
      Je pense toujours que le Testimonium est incohérent avec sa dernière phrase et sans « il était le Christ ».

      Êtes-vous une grenouille de bénitier ?
      Après relecture de mon texte, je ne vois pas ce qui a pu vous faire penser que je veux faire de vous une grenouille de bénitier. Serait-ce le cas que cela ne changerait rien. Je pense bien évidemment qu’un chrétien peut avoir raison et peut donner de bons arguments. J’espère moi aussi adopter une attitude neutre et sans parti pris idéologique. Si je conteste l’existence de Jésus, c’est qu’elle me semble très contestable. Si vous me donnez une adresse postale, je me ferai un plaisir de vous envoyer un exemplaire de mon livre. Vous verrez que le problème va au-delà de doutes semés un peu à la légère.
      Outre le fait que les preuves ne sont pas impératives, l’essentiel de ce que l’on sait sur Jésus vient des évangiles canoniques. Il existe quantité de raisons de trouver que ces textes ne sont pas fiables d’un point de vue historique : l’histoire de Jésus contient de nombreux éléments invraisemblables, les quatre évangiles se contredisent et leurs auteurs semblent beaucoup plus intéressés par la théologie que par l’histoire. En particulier, le souci d’accomplir les Écritures me semble vraiment compatible avec un personnage inventé.

      Flavius Josèphe
      Pour moi le problème de l’authenticité du Testimonium flavianum est une énigme et j’envie fort ceux qui ont des certitudes à ce sujet.
      Même si l’authenticité était établie, et je pense qu’elle ne l’est pas, même partiellement, on ne serait guère avancé en ce qui concerne l’existence de Jésus. Il faudrait aussi que Flavius Josèphe ne tite pas son information des chrétiens. Soixante ans après la mort supposée de Jésus et résidant à Rome depuis plus de vingt ans, Josèphe peut répéter ce que disent ou écrivent les Chrétiens de Rome. Cela est reconnu par plusieurs spécialistes .
      À propos de Jacques je risque d’être trop long. Je vous renvoie à l’annexe 3 de mon livre.

      Tacite
      On rencontre le même problème avec Tacite : pour que son témoignage soit concluant, il faudrait pouvoir affirmer qu’il est indépendant des chrétiens.
      Si Tacite voulait se renseigner sur Christ, le plus simple pour lui était évidemment d’interroger les chrétiens de Rome. Pouvait-il enquêter en Galilée ou en Judée ? Très difficilement. Il me paraît donc probable que son information lui vient des chrétiens.

      Les preuves négatives
      Je constate avec vous chez les adversaires du christianisme l’absence de tout doute en ce qui concerne l’existence du personnage controversé.
      Je constate aussi l’absence de tout doute en ce qui concerne l’existence de n’importe quel autre personnage. Ce n’est pas moi qui l’affirme mais Paul Veyne : « Voici le paradoxe : il y a eu des esprits pour ne pas croire à l’existence des dieux, mais jamais personne n’a douté de celle des héros […] [avant le quatrième siècle de notre ère] absolument personne, chrétiens compris, n’a émis le moindre doute sur l’historicité d’Enée, de Romulus, de Thésée, d’Hercule, d’Achille et même de Dionysos… » Paul Veyne. Les grecs ont-ils cru à leurs mythes ? Seuil, 1983. Page 53.
      D’autres personnages de l’Antiquité n’avaient pourtant pas d’existence historique (Romulus, Hercule, Dionysos etc.) sans que personne, à l’époque, n’ait pensé à douter de leur existence. Les anciens ne raisonnaient pas comme nous. Les anciens ne s’interrogeaient pas sur l’existence de Jésus, cela ne signifie pas que Jésus a existé.

      Un argument nouveau : la malédiction du « pendu »

      1/ Des Juifs attendaient un Messie royal. Cependant aucun Juif ne pouvait raconter qu’un Messie royal était venu en ce monde. En effet, ce Messie royal devait anéantir les ennemis d’Israël et chaque Juif pouvait constater que les ennemis d’Israël occupaient la Galilée et la Judée. Il fallait trouver autre chose. L’idée du Messie qui était venu, qui n’avait pas pu accomplir sa mission à cause des autorités juives mais qui reviendrai me semble être une bonne alternative.
      2/ Il est effectivement déroutant que les chrétiens se soient choisi un maître, réel ou imaginaire, qui a été gravement maltraité et humilié. Cela doit être tempéré par plusieurs considérations
      – les personnages maltraités et humiliés ne sont pas nécessairement réprouvés par les Écritures. Je pense au serviteur souffrant d’Isaïe 53 et de Psaume 22 qui a largement servi de modèle à Jésus.
      – Jésus est explicitement présenté comme la victime d’un sacrifice (Romains 5,8-9 ; Romains 3,25 ; Hébreux 2,17-18 ; 1 Pierre 2,21-24) et la victime d’un sacrifice doit être maltraitée.
      – Au Ier siècle des milliers de Juifs ont été crucifiés pour s’être opposés à l’occupant romain. Il s’agit d’événements qui peuvent bouleverser un peuple et l’amener à porter un jugement beaucoup plus favorable à l’égard des crucifiés.

      Cordialement,
      Nicolas Bourgeois

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