Jérôme

                À lire Fau et Las Vergnas, Adonis a été vénéré à Bethléem avant Jésus.

D’après Fau,

                 « le culte d’Adonis […] était fort répandu : à Chypre, au Liban, […] et même à Bethléem, selon Jérôme. » (page 213).

                Las Vergnas est plus précis :

                « Bethléem qui maintenant nous appartient, dit saint Jérôme, était à l’ombre du bocage de Tammouz, c’est-à-dire d’Adonis. Dans la crèche où l’enfant Jésus poussa ses premiers cris, on se lamentait sur le bien-aimé de Vénus. » (page 102).

Le texte de Jérôme est la fin de la lettre 58 à Paulin :

                 « Il y avait aussi un bois consacré à Thamus, c’est-à-dire à Adonis près de la ville de Bethléem, ce lieu le plus auguste de l’univers, dont le prophète-roi a dit : “La vérité est sortie de la terre” et l’on pleurait le favori de Vénus dans l’étable où l’on avait entendu les premiers cris de Jésus-Christ enfant. »

                À Bethléem le culte d’Adonis a précédé le culte de Jésus. Voilà qui est intéressant pour le mythisme ! Malheureusement, la citation est incomplète et cela change tout. Les deux phrases qui précèdent cette citation indiquent qu’à Bethléem on a adoré Jésus puis Adonis puis Jésus, alors que Fau et Las Vergnas indiquent seulement Adonis puis Jésus :

                « Depuis l’empereur Adrien jusqu’à Constantin, c’est-à-dire pendant près de cent quatre-vingts ans, les païens ont adoré l’idole de Jupiter au lieu même où Jésus-Christ est ressuscité; ils ont rendu le même culte à une statue de marbre qu’ils avaient consacrée à Vénus sur la montagne où le Fils de Dieu fut crucifié. Ces ennemis déclarés du nom de chrétien s’imaginaient qu’en profanant les lieux saints par un culte idolâtre ils pourraient abolir la croyance à la mort et à la résurrection du Sauveur. »

                Il y avait effectivement un culte d’Adonis à Bethléem mais Jérôme précise que cela profanait un lieu saint chrétien. À Bethléem le culte de Jésus a donc précédé celui d’Adonis.

            Cela est confirmé par les indications chronologiques que donne Jérôme : en 135 Jérusalem fut prise par l’empereur romain Hadrien, interdite aux Juifs et livrée aux cultes païens. Jérusalem fut rendu au christianisme par l’empereur Constantin qui régna à partir de 310. Entre ces deux dates il y a effectivement « près de cent-quatre-vingts ans ».

                Complètement cité, le texte de Saint Jérôme n’a plus aucun intérêt pour le mythisme. En l’amputant de ses deux premières phrases, on laisse entendre ce qu’il ne dit pas : que le culte d’Adonis a inspiré le culte de Jésus.

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